SYSTEME JURIDIQUE ANTI CORRUPTION. CAS DES DISPOSITIFS JURIDIQUES MALAGASY
La corruption s’avère une préoccupation majeure pour l’opinion publique. Elle interpelle l’autorité publique de par les dangers convaincants qu’elle entraine. La situation anime l’esprit à porter une recherche sur le système juridique anti- corruption. La sagesse latine résume l’essence de la lutte du fait que la corruption est un fléau public (Pestis publica) qui corrompt le meilleur (Corruptio optimi pessima). La combattre exige une justice impartiale (Nemo iudex in causa sua), car épargner les coupables, c’est punir les innocents (Qui pareit nocentibus…).[1] Ces principes intemporels restent le socle éthique de tout système juridique anti-corruption digne de ce nom.[2] « La lutte contre la corruption repose sur des principes fondamentaux tels que la transparence, l’intégrité et la responsabilité. »[3]
La préoccupation concerne essentiellement la gravité des problèmes que pose la corruption et de la menace qu’elle constitue pour la stabilité et la sécurité des sociétés, en sapant les Institutions et les valeurs démocratiques, les valeurs éthiques et la justice et en compromettant le développement durable et l’Etat de droit. Elle en est également sur les liens qui existent entre la corruption et d’autres formes de criminalité, en particulier la Criminalité Transnationale Organisée (CTO) et la criminalité économique, y compris le blanchiment d’argent. Par ailleurs, les affaires de corruption qui portent sur des quantités considérables des avoirs ne sont pas des moindres lesquels représentent une part substantielle des ressources nationales menaçant la stabilité politique et le développement durable de l’État. D’où la nécessité d’un système juridique fiable pour la combattre. Un système juridique anti-corruption est un ensemble de Lois, d’Institutions et de mécanismes visant à prévenir, détecter et sanctionner la corruption et le trafic d’influence dans les secteurs public et privé.[4] Son efficacité repose sur des obligations de transparence, des mécanismes de contrôle et une coopération Nationale et Internationale ».[5]
Un système juridique anticorruption repose sur la prévention, la détection et la répression de la corruption grâce à des Lois, des Institutions spécialisées et des sanctions.
De ce fait, on est convaincu que la corruption n’est plus une affaire locale mais un phénomène transnational qui frappe toutes les sociétés et toutes les économies, ce qui rend la Coopération Internationale essentielle pour la prévenir et la juguler[6]. Aussi, une approche globale et multidisciplinaire est nécessaire pour la prévenir et mener la lutte. Une assistance technique et un renforcement des capacités des Institutions sont indispensables pour ce faire. Il y a lieu donc de s’attaquer à l’acquisition illicite de richesses personnelles.
Le but de cet article n’est pas uniquement d’élucider ce système dans une vue d’ensemble structurée mais de porter aussi une brève analyse historique, une évaluation de l’efficacité ou une comparaison Internationale. Il sera alors axé sur une approche complète et concise. Je dois couvrir les bases légales, les Institutions clés, les instruments Internationaux et les défis pratiques. La réponse devrait éviter le jargon excessif tout en restant technique, avec des exemples concrets comme le BIANCO ou la CNLCC pour illustrer le propos mais il faut aussi mentionner les limites du système pour équilibrer l’analyse. Deux subdivisions s’ensuivront pour exposer cet article. On aura d’une part des instruments juridiques anti-corruption (I) et d’autre part des structures de lutte (II). A travers l’analyse, sans oublier de parler brièvement les fondements juridiques et les acteurs institutionnels, et les défis persistants. Une conclusion synthétisera l’écart entre le cadre formel et la réalité les progrès et les lacunes du système Malgache. Mais auparavant, il faut retenir que le système juridique anti-corruption Malagasy est un écosystème complexe, en constante évolution, marqué par un cadre législatif ambitieux mais confronté à des défis majeurs pour la mise en œuvre. Voici une analyse détaillée de ses dispositifs en mettant en lumière des instruments juridiques anti-corruption et de la structure de la lutte.
[1]MONTESQUIEU, De l’esprit des lois, 1748. Livre VI, chapitre 3. Ed Gallimard, 2 Vol 1600Pages.
[2] ROSE-ACKERMANN Susan, Corruption and Government : Causes, Conséquences, and Reform, Cambridge University Press, 1999. p. 54–58
[3] Organisation de coopération et de développement économiques, Principes pour renforcer l’intégrité dans le secteur public, p. 9.
[4] ROSE-ACKERMANN Susan, Corruption and Government : Causes, Conséquences, and Reform, 1999. p. 120–130 .
[5] Organisation des Nations unies, Convention des Nations Unies contre la corruption (2003), Article 5, p. 7 (édition officielle française PDF ONU).
[6] Voir préambule de la Convention des Nations Unies Contre la Corruption.
Par VELO Brunex Arthur
Administrateur des Services Financiers, Doctorant en Droit Public
